Sciences participatives

Qu'est-ce que les sciences participatives?

Les sciences participatives, qui font appel à la participation des non-spécialistes pour la récolte de données et le partage d'information, existent depuis toujours : astronomie, botanique, ornithologie... nombreuses sont les matières qui se sont basées et enrichies des observations faites par des observateurs dont la qualité est la présence sur le terrain.

Les laboratoires scientifiques élaborent des programmes de participation de la population dans le but d'acquérir le plus de données possible. En cela, les sciences participatives recherchent le nombre, et non pas la donnée scientifique irréfutable, démontrée, reproductible ainsi qu'on s'applique à la rechercher en laboratoire.

Les données issues des programmes de sciences participatives sont complémentaires et doivent être mises en regard des données obtenues en laboratoire : les informations vont-elles dans le même sens, indiquent-elles la même tendance, que celles obtenues par des chercheurs spécialisés? Si elles sont contradictoires ou si elles indiquent des faits différentes, d'où peut donc provenir la différence?

Les sciences participatives et la connaissance de la biodiversité

Alors que la biodiversité vit une crise sans précédent, les sciences participatives sont particulièrement recommandées et efficaces pour mesurer, de façon globale et généralisée sur un territoire donné, l'évolution progressive des espèces. ces données récoltées en très grand nombre et sur plusieurs années, permettent de connaître la répartition des espèces et de comprendre les capacités de ces espèces à s'adapter, à migrer, etc.

Ainsi par exemple, en 5 années ce sont plus d'un millions et demi d'heures d'observation qui ont été réalisées par des milliers d'observateurs sur les espèces d'oiseaux et de papillons en Europe de l'ouest. Jamais un chercheur ou une équipe n'auraient pu amasser une telle quantité de données, qui couvrent à la fois les saisons et les espaces ! Et il apparaît que ces données récoltées confirment celles observées par les chercheurs, faites de façon plus locale et ponctuelle.

Un outil de sensibilisation

Les sciences participatives jouent un autre rôle: elles nous sensibilisent et nous amènent à changer notre regard sur la biodiversité : lorsque les résultats sont restitués, les participants peuvent découvrir les tendances que leurs données ont permis de découvrir, et prendre ainsi mieux conscience du fonctionnement de la nature.

Depuis de nombreuses années, le Muséum national d'histoire naturelle, en collaboration avec divers partenaires spécialisés, développent VigieNature, une série de programmes de sciences participatives qui visent des catégories d'espèces ou des milieux spécifiques: les oiseaux, les papillons, les escargots, les insectes pollinisateurs, les plantes des villes, les espèces forestières... Le développement d'Internet a été déterminant dans l'essor important qu'ont connu ces campagnes de récoltes de données ces dernières années.

D'autres organismes de recherche développent des programmes dans un but précis : Phénoclim, développé par le Centre de recherche sur les écosystèmes d'altitude, un atlas des Reptiles, Amphibiens et Invertébrés par la SEPNB, etc...

Les réserves de biosphère sont un terrain particulièrement indiqué pour le développement local de programmes de sciences participatives et pour inciter le public scolaire ou adulte à participer à la récolte de données.

En 2012, la réserve de biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais a souhaité relayer localement le programme 50000 observations pour la forêt, qui vise à évaluer l'effet de la fragmentation des milieux forestiers sur les espèces. Ce programme a été conçu et animé par Noé Conservation, le Muséum national d'histoire naturelle et NatureParif.


Vos réactions (0)