Quelles solutions locales et durables à nos besoins en énergie?

La réserve de biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais a organisé le Jeudi 15 décembre 2011 de 19h à 20h30, Librairie “La Ruche” de Marion à Nemours la deuxième rencontre de la biosphère, sur le thème de l'énergie.


A l'approche de 2012, proclamée “Année internationale de l'énergie durable pour tous” par l'Assemblée générale des Nations Unies, la réserve de biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais souhaite organiser un échange ouvert à tous sur les modes de production et de consommation existants et envisageables à l'échelle locale.

La consommation mondiale d’énergie explose au moment même où les ressources pétrolières commencent à stagner et où des accidents majeurs nous incitent à remettre sérieusement en question notre modèle de production d’électricité basé sur le nucléaire. Les énergies renouvelables portent quant à elles l’espoir d’un équilibre durable entre les besoins humains et l’utilisation des ressources de la nature. Cependant leur compétitivité, encore faible, sera améliorée à condition d’investissements importants qui stimuleront le progrès technologique.

Face à ce sujet complexe, comment agir à son niveau ? Comment utiliser les ressources existantes de façon plus sobre ? Quelles options s’offrent à chacun, particulier ou entreprise, élu ou gestionnaire ? L’enjeu peut-il fédérer les acteurs du territoire ? Comment les aider à conjuguer leurs compétences et ressources pour trouver des synergies salutaires? 

Pour étayer les débats, des fiches d'information ont été élaborées :

Les énergies renouvelables

Changement climatique, pic pétrolier, efficacité énergétique

2012, année internationale de l'énergie durable pour tous

Compte-rendu des débats

Voici une synthèse des débats de la rencontre de la biosphère sur le thème de l'énergie.

Les pistes inexploitées

Quelles sont les éléments que nous ne connaissons pas, et qui pourraient influencer positivement le devenir énergétique du territoire ? Quelles sont les idées qui vous sont venues au cours des derniers mois en réfléchissant à ce thème?

Les participants questionnent le développement des énergies renouvelables sur le territoire, en particulier la géothermie et l'éolien.
La question des énergies locales dans la RB semble pertinente !
En ce qui concerne la géothermie, il existe à Melun des sources géothermiques qui chauffent les immeubles.

Par ailleurs, il semble important de travailler à l'échelle locale sur les mécanismes économiques, pour garder les prix de l'énergie sous contrôle. Par exemple, on pourrait imaginer un mécanisme de taxes sur le niveau de consommation énergétique : des taxes importantes pour les ménages / entreprises / institutions énergivores, et des taxes plus faibles si la consommation l'est aussi.

Le développement des nouvelles énergies pour être efficace, doit apporter des solutions en termes de consommation énergétique de l'habitat.
Ainsi, encourager la construction d'habitats alternatifs, la rénovation thermique des logements anciens et favoriser la concentration urbaine (par opposition à l'étalement urbain) semblent être des mesures prioritaires à prendre au niveau institutionnel.

Les pistes peu développées sont les effectivement les nouvelles énergies, avec un potentiel conséquent d'énergie locale :
le bois énergie pourrait être davantage développé. Pour intégrer la dimension locale et les économies réalisables sur la maison, la solution du poêle à bois existe, mais de manière confidentielles. Il est en effet possible de trouver du bois de chauffage à 12 Euros le stère.

Mais le premier chantier important concerne l'isolation pour limiter les gaspillages d'énergie. Ainsi deux mesures émergent :
- le diagnostic espace info - énergie
- la photographie aérienne Infra Rouge
Ces éléments d'informations permettront de cibler les plus importantes économies réalisables sur les factures d'énergie.

Les possibilités d'approvisionnement en bois par l'ONF sont limitées par le fait que les élagueurs ne sont pas fédérés. En effet le bois énergie est peu exploité sur le territoire RBFG. Pour développer cette filière, il semble intéressant d' explorer les possibilités existant avec les forêts privées. Le bois de chauffage vient souvent d'endroits situés au delà du territoire de la RBFG. Cela se traduit alors dans les coûts, et l'approvisionnement de bois plus cher fait baisser la consommation locale.

L'usage des pompes à chaleur pour les particuliers (eau-air) est également une autre forme d'énergie intéressante, à condition que le rendement des pompes à chaleur soit performant.

Le développement du photovoltaïque est une solution techniquement intéressante pour permettre une production decentralisée (donc locale) de l'électricité.

Le recyclage des matériaux peut limiter la consommation d'énergie nécessaire en amont à leur fabrication.

La sobriété énergétique peut se développer grâce aux circuits courts de distribution des denrées alimentaires, et l'encouragement des citoyens à devenir plus autonomes.

Les Freins

Cherchez dans votre mémoire les freins que vous avez vécus, ou que l'on vous a rapportés, relatifs à la mise en place de solutions locales et durables pour l'énergie? En reprenant également les idées du tour précédant, quelles limites identifiez-vous pour leur mise en place effective ?

Il existe un problème d'habitudes, qui est bien illustré par l'éclairage public et privé. Vaincre ces mauvaises habitudes peut réduire la consommation sans dépenses d'investissement.

Le développement du photovoltaïque est lié à une forme de dépendance des tarifs de rachat, qui sont en baisse. Les citoyens n'ont pas de recul, c'est à dire de visibilité sur l'évolution des tarifs de rachats du KWh, freinant les choix d'investissement.Les investissements des particuliers sont actuellement peu ou pas rentables. L'électricité d'origine photovoltaïque peut être revendue à EDF ou être consommée par le producteur. Au delà des considérations économiques il existe un frein administratif lorsque des bâtiments classés existent à proximité (Batiments de France), voire de la part des municipalités dans certains villages.
Pour des installations de plus grande envergure, installées chez des agriculteurs, le changement de fiscalité semble également être un frein conséquent pour le développement de cette filière.

Le solaire thermique : facile ?! Peu d'informations disponibles à ce sujet, mais la question à le mérite d'être posée.

Pour développer l'habitat alternatif ou la rénovation thermique des logements anciens un frein collectif est identifié : il existe un déficit de formation des constructeurs, et entreprises du bâtiment. Par exemple, l'isolation des maisons par des ballots de paille ne se développe pas sur le territoire à cause d'un manque d'informations. Il existe en la matière de nombreux exemples à l'étranger d' éco villages (Irlande et GB).

D'autres freins sont mis en avant, comme : l'étalement urbain, la difficulté d'agir au niveau collectif et des équipements communs, une prépondérance de logements anciens. La conjoncture économique actuelle pose également un défi financier : comment mobiliser l'argent pour faire face au défi énergétique?
L'installation des éoliennes se heurte à l'opposition de la population ou des élus. Les participants identifient un problème de coopération locale, liée à un déficit de perception du bénéfice collectif.

L'innovation

En vous appuyant sur les idées prometteuses su 1er tour, quels moyens pouvez-vous imaginer pour contourner les obstacles identifiées pendant le second tour?
En imaginant ensuite que vous soyez maintenant affranchis de contraintes, quelles idées innovantes pouvons nous imaginer pour mettre en place des solutions locales et durables à nos besoins en énergie?

Les participants s'accordent sur le fait que le volet économies d'énergie et pédagogie sont essentiels. L'effort de sensibilisation peut se faire par le biais d'informations régulières et concrètes diffusées dans les revues / publications municipales. L'effort d'éducation et de sensibilisation doit se diriger vers les écoles, et les principales filières métiers. Ainsi, il sera possible d'élargir le cercle des personnes souhaitant agir en faveur de plus d'autonomie énergétique du territoire. Une autre idée est d'inviter des copains aux prochaines rencontres de la RBFG !

Pour faire progresser le financement d'énergies renouvelables au niveau local, d'une manière collective, signalons le concept mis en avant par Energie partagée (http://www.energie-partagee.org), qui consiste à agir concrètement pour le développement d'une énergie renouvelable, sobre, efficace ET citoyenne, en proposant un outil de financement collectif.

Au niveau individuel, le choix d'un fournisseur d'énergie verte comme Enercoop est une solution facile à mettre en œuvre.

Pour ce qui concerne le transport, les zones de covoiturage sont à multiplier. Signalons à ce sujet l'existence de la plateforme www.covoiturage77.fr mise en place par le conseil général : reste à promouvoir son utilisation.

Favoriser l'autonomie des citoyens en matière alimentaire par le développement de pratiques d'auto production ou du développement des circuits courts peut limiter les déplacements fréquents en grandes surfaces.

Le développement local de la filière bois-énergie suppose de fédérer les particuliers, élagueurs, paysagistes, agriculteurs pour plaquettes et granulés. Un projet intéressant à étudier et à développer !

Une autre source d'énergie renouvelable qui semble pouvoir se développer est la méthanisation, comme en témoigne le projet Equimeth (méthanisation du fumier de cheval) qui existe déjà sur le territoire. Cette méthanisation pourrait également se faire avec les excréments humains, ce qui allègerait en aval le traitement des eaux. La réduction de la masse de déchets à transporter par le compostage est également un gisement d'économies de carburants.

Développer les transports en commun peut être envisagée simplement par des idées comme les Pédibus. Ainsi, pour contourner les freins administratifs existant à ce sujet, organiser des événements pendant la semaine de la mobilité, peut être un facteur de sensibilisation aux changements de pratiques. Mais le développement d'une offre de transports en commun suppose aussi des aides de l'état et des collectivités.

Au cours de cette deuxième rencontre de la biosphère une idée innovante a germé : installer des turbines dans les descentes de gouttières : est ce envisageable techniquement ? Est-ce intéressant en termes de rendement ? Autant de questions qui restent ouvertes et méritent d'être approfondies d'ici une nouvelle rencontre sur les questions d'énergie.

Le bois, juste une ressource renouvelable?


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