Le programme Man and Biosphere (MAB) de l'UNESCO

L’Unesco est l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture. Son siège est à Paris. L’action de l’Unesco porte sur 5 thèmes : l’éducation, les sciences exactes et naturelles, les sciences humaines et sociales, la culture, la communication et l’information.

Le programme pour Man and Biosphere (MAB) est l’un des cinq programmes de l’Unesco dans le domaine des sciences exactes et naturelles. Les autres programmes sont le COI (Comité océanographique intergouvernemental), le PHI (Programme hydrologique international), le PISF (Programme international des sciences fondamentales) et le PICG (programme international de corrélation écologique). Chaque pays signataire a en principe un comité national pour chaque programme.

L’Unesco présente le programme MAB comme suit : “Le Programme sur L'homme et la biosphère (MAB) propose un programme interdisciplinaire de recherche et encourage le renforcement des capacités dans le but d'améliorer les relations entre les gens et leur environnement au niveau mondial.”

Objectifs

Lancé au début des années 70, le MAB a pour principale mission de réduire la perte de biodiversité par des approches écologiques, sociales et économiques. Il utilise son Réseau mondial de Réserves de biosphère comme un outil d'échange de connaissances, de recherche et de surveillance continue, d'éducation et de formation, ainsi que de prise de décision participative.

Historique

Un ingénieur français nommé Michel Batisse (1923-2004), Docteur en sciences physiques et juriste, est l’initiateur du programme Man and Biosphere (MAB) de l’Unesco qui voit le jour en 1971. A l’origine de la Conférence de la biosphère qui s’est tenue à Paris en 1968, réunissant notamment l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Food and Agriculture Organization, FAO) et l’Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN), Michel Batisse prône un développement écologiquement viable. Associé à quelques collaborateurs convaincus, il s’applique à faire comprendre tant aux naturalistes qu’aux politiques qu’il faut intégrer l’homme dans les problématiques de conservation de la nature si l’on veut protéger durablement le sol, l’eau et la diversité biologique.

En 1974, le programme MAB donne naissance au concept de « Réserve de biosphère » qui en est l’application locale. Les Réserves de biosphère sont des territoires désignés par l’Unesco mais proposés par les acteurs locaux. On tend à y développer des recherches pour une meilleure gestion des ressources naturelles, et à divulguer les connaissances auprès de tous les publics.

En 1976, les premières Réserves de biosphère voient le jour, et tout un réseau se met progressivement en place à travers le monde. Les premières années, les Réserves de biosphère restent l’affaire de spécialistes.

En 1984, à Minsk en Biélorussie, un plan d’action des Réserves de biosphère est mis au point conjointement avec le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).

Après le sommet de la Terre de Rio (1992), les experts du programme à l’Unesco souhaitent améliorer le fonctionnement des Réserves de biosphère et organisent en 1995, à Séville, une conférence qui met au point la Stratégie de Séville pour les Réserves de biosphère et au Cadre statutaire du réseau mondial (1996).

Les fonctions des Réserves de biosphère sont précisées, explicitées et hiérarchisées :

- Conserver la biodiversité naturelle et culturelle

- Être utilisées comme des modèles d’aménagement du territoire et des lieux d’expérimentation du développement durable

- Être utilisées pour la recherche, la surveillance continue, l’éducation et la formation.

Un examen périodique tous les dix ans est désormais prévu pour accorder ou non le renouvellement de la désignation Réserve de biosphère.

On dénombre, en juin 2015, 651 réserves de biosphère réparties dans 1207 pays, dont 15 sites transfrontaliers. En France, il existe maintenant 14 réserves de biosphère. Voir le site du MAB France.

Les réserves de biosphère ne sont pas, en France, des espaces protégés au sens juridique du terme. Elles sont portées localement par un Parc naturel régional, un Parc national, un syndicat mixte ou encore par une association Loi 1901.

Plan d'action de Madrid 2008-2013

En 1995, une conférence internationale tenue à Séville, Espagne, ouvrait une nouvelle ère pour le Réseau mondial de réserves de biosphère (WNBR).

Les actions décidées par cette conférence ont été inscrites dans la Stratégie de Séville et le Cadre statutaire du Réseau mondial, tous deux adoptés par la Conférence générale de l’UNESCO en 1995.

En 2000, à Pampelune, Espagne, la conférence Séville+5 a prolongé dans ses décisions les recommandations de Séville. Ce Plan d’action de Madrid a été approuvé au 3e Congrès mondial des réserves de biosphère qui s’est tenu à Madrid en février 2008. Il entend tirer parti des avantages stratégiques des instruments de Séville et faire des réserves de biosphère dans les premières décennies du 21e siècle les principaux sites consacrés à l’échelle internationale au développement durable.

Le concept de réserve de biosphère a démontré sa valeur au-delà de la simple notion de zone protégée et constitue à ce titre un outil adopté par les scientifiques, les planificateurs et les responsables politiques, qui y puisent un éventail de connaissances, de recherches scientifiques et d’expériences sur la conservation de la biodiversité et le développement socio-économique au service du bien-être humain.

Il s’agit, par conséquent, de développer des modèles de durabilité locale, nationale et mondiale, et des modèles permettant aux réserves de biosphère de fonctionner comme des sites d’apprentissage où décideurs, chercheurs et communauté scientifique, gestionnaires et acteurs concernés travaillent ensemble à traduire les principes mondiaux du développement durable en pratiques localement pertinentes. Les réserves de biosphère demeurent sous la juridiction des États dans lesquels elles sont situées, et ce sont les États qui prennent les mesures qu’ils estiment nécessaires pour améliorer le fonctionnement des différents sites.

La stratégie de Séville

La stratégie de Séville et le cadre statutaire des réserves de biosphère ont été élaborés en novembre 1995 à Séville, en Espagne. Ces textes fixent les objectifs que doivent poursuivre les réserves de biosphère dans leur cadre international, national, régional et local. Ils décrivent le rôle que chacun des acteurs devrait occuper, à tous les niveaux, et les stratégies pour impliquer chacun d'eux dans les actions menées pour atteindre les objectifs énoncés. 

Le réseau des réserves de biosphère


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