Recherche de la RBFG sur les effets des antiparasitaires

La Réserve de biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais a conduit entre 2012 et 2014 un travail exploratoire sur l'impact des médicaments antiparasitaires donnés aux chevaux sur la biodiversité du sol en forêt. En 2015, en partenariat avec l'office national des forêts, une démarche de sensibilisation a été lancée.


Sur le territoire de la Réserve de biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais, plusieurs milliers de chevaux sont recensés. L'activité équestre représente un fort enjeu économique, sportif et culturel sur le territoire de la Réserve de biosphère. Les chevaux connaissent des problèmes de parasitisme et sont souvent traités contre les parasites internes et externes.

En tant qu'émanation du programme scientifique pour l'Homme et la Biosphère qui vise à mieux concilier les pratiques humaines et la biodiversité, la Réserve de biosphère a mobilisé des chercheurs et a invité les acteurs du territoire concernés, responsables de centres équestres, vétérinaires, cavaliers, à construire ensemble une solution durable.

Plusieurs chercheurs ont accompagné ce projet de recherche : Julien Gasparini (écologue, laboratoire Écologie et évolution de Université Pierre et Marie Curie), Brigitte Enriquez (Pharmaco-toxicologue, École nationale vétérinaire d'Alfort), Jean-Pierre Lumaret et Nassera Kadiri, entomologistes, Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive à Montpellier (CEFE)). Ce projet a été soutenu par la Fondation de France.  

Un bilan de ces trois années de recherche exploratoire sur l’effet sur la biodiversité en forêt des vermifuges donnés aux chevaux a été réalisé en octobre 2014.

Une recherche pluridisciplinaire

Pendant ces trois années, plusieurs axes de recherche ont été explorés :

  1. Une enquête auprès des centres équestres a été menée afin de connaître les pratiques en matière de traitements : logique d'administration, rythme, mode de vie des chevaux, type et quantité de molécules utilisées ...
  2. Un piégeage systématisé de coléoptères coprophages a été réalisé chaque année, de juin à août puis d'avril à août, suivant un protocole mis au point en concertation avec des entomologistes, des écologues et des gestionnaires forestiers. Les pièges ont été posés dans deux types de sites : des zones fréquentées par les chevaux, à proximité de centres équestres, et des zones non fréquentées par les chevaux, choisies en Réserves biologiques intégrales.
  3. Une étude approfondie de la bibliographie a été menée ainsi qu'une consultation large de chercheurs, sur l'histoire de vie des insectes coprophages et, la toxicité des molécules.
  4. Une étude biométrique des coléoptères coprophages appartenant à l'espèce Anoplotrupes stercorosus et provenant des deux types de sites : avec chevaux et sans chevaux.

Résultats

Les piégeages de coléoptères effectués durant trois ans permettent d’établir une corrélation entre la présence de chevaux et les variations d’abondance des coléoptères coprophages. Mais l’étude ne permet pas d’établir un lien direct entre la toxicité des molécules comme l’ivermectine et la mortalité des coléoptères, car le cheval n’est pas le seul discriminant entre les zones à chevaux et les zones sans chevaux.

En outre, la différence de taille des coléoptères entre les individus provenant de zones fréquentées par les chevaux et non fréquentées par les chevaux est significative : les individus sont plus petits dans les zones fréquentées par les chevaux.

Ces recherches montrent que le cheval n’est pas neutre et qu’il a un effet sur les populations de coléoptères et probablement sur l’écosystème forestier en général. Cet effet peut être positif (apport de crottin) ou négatif (toxicité des vermifuges utilisés).

Conclusion

Les trois stages successifs ont permis d’accumuler une importante bibliographie sur le sujet et de bien cerner les contours de la question. Les résultats montrent que les traitements sont trop fréquents et l'avis vétérinaire est rare avant le traitement. Cela pose divers problèmes : outre les effets sur la biodiversité, apparition de résistances, non-respect de la règlementation sur la délivrance de médicaments, la perte de contrôle sur la diffusion des molécules toxiques dans l’environnement...

2015

En 2015, la Réserve de biosphère a co-encadré avec l’Office National des Forêts un stage sur la communication à l’attention des cavaliers et des professionnels du monde du cheval, sur la base des données et de la bibliographie accumulés pendant ces trois ans. 

Retrouvez ci-dessous les mémoires soutenus par les stagiaires de 2012 à 2015, ainsi que la thèse vétérinaire de Chloé Bérard, soutenue à l’École nationale vétérinaire d'Alfort en septembre 2015.

Mémoire de Master 2 de Marion Micoud, novembre 2012

Mémoire de Master 1 de Justin Brassart, septembre 2013

Mémoire de Master 1 de Océane Sauvage, septembre 2014

Mémoire de Master 1 de Esther Magnier, septembre 2015

Thèse vétérinaire de Chloé Bérard, septembre 2015


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