Approche sociale de la biodiversité : Post-Doctorat Anne Sourdril

La réserve de biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais s'implique depuis plusieurs années dans l'étude de la perception de la nature par les acteurs locaux, habitants, gestionnaires, élus...

Trames, tissu, réseau...

L'entretien ou le rétablissement des continuités écologiques ("trames vertes et bleues", mais aussi noires, grises...) est important pour permettre aux espèces de se déplacer, de migrer, de se rencontrer, de se nourrir, de s'adapter à l'évolution du climat... Le Grenelle de l'Environnement prévoit leur aménagement à toutes les échelles du territoire. Mais localement, comment perçoit-on la nature, le paysage, les espèces?

Cependant, comment les premiers concernés, élus locaux, habitants, touristes... perçoivent-ils ces contraintes nouvelles ? Leur adhésion n'est-elle pas incontournable si l'on souhaite réussir ? Leur connaissance du paysage n'est-elle pas un atout qui pourrait aider au succès de cette démarche ?

Actuellement, l'Europe et chaque pays, dont la France, essaient de mettre en place des "schémas de cohérence écologique".

Si elle comprend de grands espaces agricoles, de la forêt et des espaces urbains ou semi-urbains, la réserve de biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais est aussi concernée par  une dynamique périurbaine importante dans une région qui compte plus de 11 millions d’habitants. Urbanisation, artificialisation des sols et spécialisation agricole contribuent à morceler les milieux naturels.

Concernée au premier chef par les ruptures de continuité écologique, la réserve de biosphère a lancé une étude innovante pour intégrer la perception de chacun des acteurs : agriculteurs, pêcheurs, naturalistes, randonneurs, associations de riverains, etc. à l'aspect naturaliste de la fragmentation des milieux naturels.

Pendant un an et demi, Anne Sourdril, ethnologue, devenue depuis chargée de Recherche au CNRS (UMR 7533 Ladyss) a mené un travail post-doctoral sur la réserve de biosphère. Cette étude sociologique et ethnologique visait à mettre au jour :

- les formes d’organisation par les sociétés de l’espace rural dans lequel elles évoluent,

- les usages et changements d’usages des territoires au cours du temps,

- la perception sociale, les savoirs et normes que les usagers ont de leurs territoires, paysages et de la biodiversité qu’ils recèlent.

Cette étude a donné lieu à une exposition itinérante inaugurée le 5 avril 2012 intitulée TRAME(S), paysages d'habitants révélés par PhotoVoice.

Bibliographie

  • Sourdril A., Mermet S., Rueff S. & Martin J.M. (2010). « Les effets des remembrements sur les continuités écologiques en milieu rural. Cas d’une étude mêlant ethnologie et géomatique dans le Gâtinais français (Ile de France) entre 1946 et 2008. Un objectif : observer les continuités écologiques sur le long terme et à une échelle micro-locale ». Poster présenté au colloque BiodiverCities 2010, Paris.

Pour plus d'informations, contacter anne.sourdril@u-paris10.fr


Vos réactions (0)