Atelier EuroMAB sur les services écosystémiques

Les 13 et 14 septembre 2012, la réserve de biosphère suédoise East Vättern Scarp Landscape a accueilli un séminaire EuroMAB sur les services écosystémiques, animé par trois chercheurs du Centre de Résilience de Stockholm et le programme MAB en la personne de Meriem Bouamrane. La même semaine, la réserve de biosphère hôte était inaugurée.


Comment intégrer le concept de service écosystémique dans la gestion d’une réserve de biosphère ? Comment les définit-on ? Comment évaluer leur rôle dans le bien-être humain, quelle est leur dimension sociale ? Comment gère-t-on les compromis et l’équité vis-à-vis des services rendus ? Quelle évaluation monétaire et non monétaire peut-on en faire ? Comment communiquer sur ce concept… Voilà certaines des nombreuses questions que se posaient les coordinateurs venus de 10 pays.

En deux mots...

L’équation est simple : la nature rend des services, ces services deviennent des bénéfices pour des bénéficiaires. Il n’existe pas de service sans bénéficiaire. Partant de là, c’est la motivation de chacun qui lui permettra de forger sa propre définition : chacun a sa propre définition des services écosystémiques.

Le deuxième constat est que le calcul ne sera pas que monétaire : le bien-être humain tout entier est concerné, ainsi qu’à terme, sa survie.Voilà donc le cadre qui fait écho à un monde où l’homme est devenu maître d’un système vivant qu’il ne maîtrise pas.

Quels sont les enjeux et comment calcule-t-on les services écosystémiques ?

Le concept de service écosystémique, que les gouvernements de 153 pays ont approuvé, est avantageux : il est à la fois très économique et didactique. Il exprime simplement le lien qui existe entre les intérêts personnels et la biodiversité.

Faites donc l’exercice :

- Quels sont les services écosystémiques que vous identifiez (sur votre réserve de biosphère, par exemple) ?

- Qui en bénéficie ?

- De quelle façon ?

- Comment pourriez-vous évaluer ce bénéfice ?

- Est-ce que quelqu’un y perd ou en supporte les coûts ?

Après un rappel du principe théorique (structure et processus biophysique ⇒ fonction ⇒ service ⇒ bénéfice ⇒ valeur, les deux premiers appartenant à l’écosystème et la biodiversité, les deux derniers au bien-être humain) et des quatre types de services rendus (soutien à la vie, production, régulation, culturels), les chercheurs du Centre de Résilience de Stockholm insistent sur la diversité comme clé de voute de la résilience d’un territoire ou d’un écosystème.

L’acquisition et l’accès à la connaissance sont deux pré-requis essentiel. Le troisième, le travail en réseau, l’échange d’expérience et la collaboration les producteurs et les utilisateurs du savoir.

Services écosystémiques de la nature transformée par l'homme

Les chercheurs expliquent aussi que les services écosystémiques sont générés par des systèmes socio-écologiques, et que travailler sur les services écosystémiques aide à renforcer les valeurs locales, puisque les paysages sont eux-mêmes déterminés par une longue histoire socio-écologique du paysage. On note ainsi que des pratiques agricoles traditionnelles produisent un faisceau de services écosystémiques qui leur permet de se perpétuer.

L’inventaire socio-écologique qu’ils préconisent permet de compiler l’ensemble des paramètres naturalistes et socio-culturels dans un paysage donné. Il permet une "co-gestion adaptative" des systèmes socio-écologiques.

Enfin, cet inventaire a besoin d’une organisation relai telle que l’est la réserve de biosphère, qui peut à la fois intégrer les compétences et les motivations de chacune des parties prenantes, et les diffuser aux autres en confiance, dans le respect de la diversité du savoir et des points de vue.

Il apparaît donc que les réserves de biosphère sont le cadre idéal pour mettre en œuvre cette approche encore récente : elles appréhendent, par leurs missions, tous les enjeux naturels, culturels, économiques, participatifs… sur un territoire délimité, dans un souci de transversalité et d’intérêt commun. Et elles n’ont pas tardé à adopter la terminologie des services écosystémiques dans leur communication : approvisionnement, culture, régulation… Il est proposé de mettre en place une communauté de pratiques au sein du réseau des réserves de biosphère EuroMAB et au-delà.

Plus d'infos sur le site de l'UNESCO



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